Extraits de textes


Extraits de textes

Extraits des Naufragés de la Terre. Une équipe d'explorateurs découvre une la forêt vierge située sur une exoplanète:

L’équipe se rapproche prudemment de l’entrée de la forêt vierge qui se dévoile sous un épais brouillard, laissant le pilote derrière eux. Des bruits d’une vie trépidante émanent de celle-ci. C’est l’ambiance d’une forêt tropicale, des cris stridents, des bourdonnements, des craquements de branches.

Le commandant, Tim, Julia et Isabella, pas très rassurés, se déplacent en rang serré sur l’humus ; jusque- là rien de bien extraordinaire.

Ce qui les interpelle en revanche, un peu plus loin dans la forêt, sont certaines plantes qui semblent se rétracter à chacun de leurs déplacements, comme des anémones de mer. Certains champignons géants, d’un mètre de haut et de couleurs vives, crachent une sorte de fumée noir, comme pour les avertir de ne surtout pas y toucher. Le Commandant, comme prévu, rend compte tour-à-tour à leur pilote puis à l’ingénieur radar resté en orbite à bord de l’Ultimae sur leur position :

     — Ici Commandant à Tennessee et à Arizona, vous me recevez ?

Après un petit peu de friture sur son écran accroché au poignet, le Commandant reçoit la réponse de ses subordonnés qui apparaissent et lui répondent :
 
     — Ici Tennessee, je vous reçois ; ici rien à signaler dans les alentours du vaisseau.
     — Ici Arizona, RAS de mon côté et de votre côté, tout se passe bien ?
     — Ici tout va bien pour nous pour le moment. Nous avons pénétré dans une forêt qui se trouve juste devant nous, à proximité du lieu de notre atterrissage. Certainement plein de choses à découvrir. RAS pour le moment.        — Entendu mon Commandant, soyez très prudent.
     — Bon, poursuivons ! Invite le Commandant.

Soudain, une mouche, aux dimensions impressionnantes, un corps noir de cinquante centimètres de diamètre, des ailes d’un mètre de longueur chacune, vert métallique, pas moins de six yeux répartis en deux groupes, un à droite et l’autre à gauche et suspendus au bout d’antennes, comme les escargots terrestres, se dirige dangereusement vers les visiteurs terriens.

Ils tentent une esquive, à la venue de cet étrange volatile. Heureusement, il ne fait que voler autour d’eux, en simple reconnaissance, mais ne semble pas plus intéressé que ça par leur présence. Ils ne feront pas partie de son menu.

Lorsque soudain, la créature s’étant rapprochée un peu trop près d’une des fleurs géantes, est brutalement happée ! La fleur s’est mise à pencher en direction du malheureux insecte pour littéralement la dévorer. Après une effroyable déglutition, et il en est fini de la créature volante non identifiée. L’équipe tout entière sous le choc n’en croit pas ses yeux, et redouble de vigilance. La tension est à son paroxysme. Que vont-ils bien encore rencontrer comme monstres ? Vont-ils à leur tour se retrouver dans le ventre d’une de ces fleurs monstrueuses ou d’autres choses ?

… Au sol, d’autres insectes géants, grands comme des balles de tennis, sortes de cloportes, arpentent le sol à la recherche de nourriture, mais ne font que passer leur chemin. Une de ces créatures quelque-peu repoussantes à fait une brève incursion sur le pied de Julia, mais s’en est vite détourné.

Isabella demande morte de peur :

     — J’espère que vous ne comptez pas nous faire bivouaquer au beau milieu de cette population d’insectes grouillants, Commandant ?!
     — Effectivement, lui répond ce dernier sur un air taquin, nous allons plutôt suspendre nos hamacs dans les hauteurs.

     — Comme ça, poursuit Tim en voulant renchérir, si le danger ne nous vient pas du sol, il nous viendra peut-être d’en haut !

     — Et cela vous fait rire ? Lui demande Isabella, un poil agacée.

Mais Tim ne croit pas si bien dire puisqu’à peine l’équipe se sent-elle à nouveau en sécurité qu’une ombre les survole. Les membres de l’équipe, relèvent la tête pour tenter de l’identifier. Un oiseau géant, des écailles à la place de plumes, pique sur eux manquant de justesse d’emmener avec lui le docteur entre ses serres munies de huit doigts acérés. Il est doté de deux têtes, chacune pouvant se mouvoir dans toutes les directions et des yeux rouges phosphorescents.

     — Vites, trouvons-nous un abri en vitesse, il va sûrement tenter de nous attaquer de nouveau ! Réfugions-nous sous cette couverture végétale, là-bas ! Dépêchons-nous !

L’équipe trouve un peu de répit sous un tunnel fait de fougères géantes recourbées, tel un corridor salutaire.





Extrait de l'enfant du radeau:

      Le jour vient de se lever à l’issue de leur première nuit à bord du drôle de convoi. Seuls les clapotis de la mer animent l’aube qui s’offre à eux. Le réveil est difficile ! Chacun s’étire dans un silence monacal. A vrai dire, ni Marcus ni son père, n’ont vraiment envie de parler. Leur seul réconfort sera de toucher terre, celle qu’ils voulaient atteindre.

     A présent, il leur faut reprendre la route ; encore soixante-quinze miles avant leur destination finale, soit un peu moins de cent quarante kilomètres.

    Un vrai chemin de croix !

     Ils leur arrivent encore de croiser des baleines, ici et là, comme autant de rencontres salutaires destinées à les encourager. Comme si elles avaient décidé de leur mettre le vent en poupe.
Soudain, Kenny voit quelques nuages menaçants venant dans leur direction.

     — Hum ! Le temps a envie de mettre nos nerfs à l’épreuve, dirait-on !

     Et des vagues commencent à se former, de plus en plus grosses, tout autour de leur coque de noix.

     — Fiston, pourrais-tu s’il te plait, nous récupérer les deux cirés jaunes qui sont sur le radeau ?
     — Oui Papa.

     Marcus, comme d’habitude, rapproche le radeau au moyen du lien qui les relie à leur canot et se faufile dessus pour attraper de quoi les abriter contre la pluie.

     Lorsque soudain …!!!

     Du fait du mouvement répétitif des vagues, les filaments du cordon les reliant à la barque, s’étant progressivement effilochés, finissent par céder !

     Puis comme si ce n’était pas suffisant, une grosse vague vient semer davantage le trouble en écartant le père et le fils ! Puis une autre ! Et encore une autre, les éloignant toujours plus ! L’enfant se retrouve ainsi éloigné de plus d’une dizaine de mètres de Kenny.

     — Papa !! Oh non, Papa !! Ne m’abandonne pas ! J’ai peur ! Très peur ! Papa !
Kenny est horrifié, lui aussi :

     — Marcus !!! Marcus !!! Oh non, Marcus !! Ce n’est pas vrai !!

     Kenny n’hésite pas à plonger pour tenter de récupérer son fils, mais rien n’y fait, il a beau nager comme un forcené pour s’en rapprocher, d’autres vagues viennent parachever leur éloignement inéluctable.
Kenny n’a plus d’autre choix, la mort dans l’âme, que de retourner au canot avant de ne plus pouvoir y remonter, et errer pour de bon dans l’immensité liquide en attendant une agonie programmée d’avance, par le froid puis la noyade ou happé par un prédateur.

    Il finit, au bout de quelques crawls arrachés, par se cramponner au canot et au prix d’un dernier effort surhumain, se hisser à bord. Voyant le vent et la pluie qui ne faiblissaient pas, à leur grand dam, Kenny hurle à son fils :

     — Marcus ! N’ai pas peur ! Ne panique surtout pas ! Garde ton calme ! Marcus, écoute-moi ! Non, n’essaye surtout pas de plonger pour me rejoindre, la mer à cet endroit est trop remontée et pire encore, infestée de requins ; tu ne ferais pas trois mètres avant d’être dévoré.

     — Surtout, reste où tu es, je t’en conjure ! Ecoute-moi bien fiston ! Nous devons d’abord attendre que la tempête se calme. En attendant, nous ne pouvons rien tenter d’autre. Il est possible aussi qu’elle nous éloigne davantage.

     — Non, papa !!!

     — Il faut que tu sois fort, Marcus ! Je sais que tu peux y arriver ! Pense à ta mère qui te regarde et qui doit être fière de toi ! Tu vas profiter de ne pas être trop loin de moi pour m’envoyer quelques provisions.

     — Non, je ne veux pas que la mer nous éloigne ! Papa ! Papa !!!

     — Marcus ! Marcus ! Il faut absolument que tu prennes sur toi, je t’en conjure ! Si cela devait se produire, il faudrait que je puisse subsister de mon côté. Toi, tu gardes la quasi-intégralité des vivres qu’il y a sur ton radeau. D’accord ?

     — Mais toi papa, comment vas-tu faire pour survivre avec aussi peu de choses ?

     — Pour cela, ne t’inquiète surtout pas pour ton vieux père. Il a appris à survivre en mangeant des chenilles et des scorpions dans la savane. Je pourrai toujours me débrouiller en attrapant quelques poissons.
Mais l’important maintenant, ce n’est pas moi ; mais toi mon fils ! Surtout, sache économiser tes provisions, je ne sais pas combien de temps cette tempête va durer et jusqu’où elle va nous emmener !
Il faut que tu apprennes à rationner ta nourriture. Je sais que cela va être dur, mais tu n’auras pas le choix ! Tu comprends ?

     — Oui Papa, je vais essayer …


Extrait du Lutin qui partit à la recherche du Père-Noël:

Un matin, quelques jours avant Noël, les lutins étaient bien affairés 
dans une fabrique de jouets, en Laponie, tout au nord de l’Europe.
 
Le Père Noël n’aurait qu’à les mettre dans son énorme sac, et hop !
Partir les distribuer !

Mais la fée Lola vint les prévenir d’un grand malheur !
Le Père Noël fut enlevé par une force surnaturelle vers une destination mystérieuse.
 
Qui avait donc pu jeter ce terrible sort, à la grande stupeur des enfants qui n’attendaient que lui ?

La fée eut soudainement une vision sur ce qui venait de se produire
et de l’endroit où il avait été emmené. 

Elle tira au sort un des lutins pour partir à sa recherche.
 
__ Ce sera toi, Aldron, le chef de la fabrique, qui ira.
 
Elle lui expliqua que le Père Noël était retenu prisonnier
dans une terrifiante forteresse ensorcelée, en Pennsivanie.

Elle rajouta que s’il réussissait, il serait promu Roi des lutins.
 
Mais qu’en cas d’échec, il serait de corvée de nettoyage jusqu’à la fin des temps.
 
― Bien, madame la fée, lui répondit-il. 
 
Vous autres, poursuivez la préparation des cadeaux pendant mon absence, dit-il à ses coéquipiers.
 
 
Puis il prit son baluchon et partit sans attendre.
Il suivit les indications de la fée et traversa d’abord la Suède, du Nord au Sud.
 
Il gravit de grandes montagnes, longea des vallées mystérieuses, habitées par un étrange bestiaire. 

Cet univers effraya notre lutin qui aurait préféré rebrousser chemin sur le champ !

Sur sa route, il croisa des trolls, des êtres tout laids avec un nez biscornu,
recouverts de mousses et de feuillages.

Le voyant baisser les bras, ils le convainquirent de ne pas abandonner.
 
Aldron devait accomplir son devoir !

Il n’eut pas d’autre choix que de poursuivre sa route.
 
Il croisa alors le chemin d’une licorne qui s’abreuvait au bord d’un lac étrange recouvert de brouillard
aux aspects fantomatiques, éclairé par un joli croissant de Lune.

Elle lui proposa de le prendre sur son dos pour lui faire gagner un bout de chemin.
 
Il accepta et s’éleva vers les cieux dans un élan d’espoir ...